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La Caverne du Dragon La
nouvelle “Dans l’antre du dragon” se déroule dans la Caverne du Dragon, qui est
une ancienne carrière de pierre sans doute exploitée depuis le XVIième siècle. Elle
se situe dans l’Aisne, en Picardie, à 120 km au Nord-Est de Paris, en France,
entre les communes de Cerny-en-Loannois et Craonne, sur le plateau de
Hurtebise, au milieu du tristement célèbre « Chemin des Dames ». Pour
situer grossièrement, c’est au centre d’un grand triangle dont les pointes sont
Reims, à l’Est, Soissons à l’Ouest et Laon au Nord.
Cette
véritable caverne tentaculaire est creusée en sous-sol, on y accède par 7 trous
béants dans le sol. 7 trous, comme le dragon à 7 têtes. En surface, on ne voit
absolument rien des méandres labyrinthiques du gouffre, mais on jouit d’une une
belle vue sur la campagne alentour, que la hauteur du plateau permet de
dominer. C’est d’ailleurs cette hauteur qui confère au Chemin de Dames cet
intérêt stratégique qui, en 1917, justifiera l’une des offensives les plus
sanglantes de la Grande Guerre.
De
nos jours, la caverne est transformée en musée du Chemin des Dames. Un bâtiment
moderne de métal et de verre y donne accès, et on peut visiter ses couloirs
obscurs mis en scène de façon moderne. Le site du musée propose des visites interactives,
des photos, des témoignages et toutes sortes de choses intéressantes à son
sujet, que je ne vais pas paraphraser ici…
Le cadre historique de la nouvelle est l’Offensive Nivelle de 1917. Le général Georges Nivelle était alors le commandant en chef des armées Françaises. Artilleur de formation, diplômé de l’école Polytechnique, il était sans conteste membre de l’élite de l’époque. Mais Nivelle montra très rapidement un manque de respect effroyable pour les vies humaines. Il réussit cependant à charmer tout le monde, du gouvernement aux Anglais, et à les convaincre de changer de stratégie. Finie la guerre d’usure du maréchal Joffre, il propose une attaque fulgurante qui, selon lui, devrait terminer la guerre en 48 heures, grâce à la même stratégie de barrage d’artillerie qui l’avait couronné de lauriers à Verdun. Il séduit Aristide Briand, le premier ministre Français, et obtient le commandement des armées.
L’idée de Nivelle est de biser le front Allemand sur le Chemin des Dames, pour reprendre ensuite Laon. Le front s’étend alors de Reims à Soissons. Les Allemand sont fortifiés sur le Chemin des dames depuis 1914, dans une position inexpugnable. Au centre de leur système de défense, la Caverne du Dragon, et partout des tous-terrains qui relient le front à l’arrière, des canons, des barricades, le tout sur des hauteurs.
Nivelle mobilise 1 million d’hommes, y compris des régiments Italiens et Sénégalais, et les lance dans l’offensive en Avril 1917. L’armée perd 40 000 hommes le premier jour (soit 1660 hommes par heure, donc 27 morts par minute) ! D’avril à Mai, les attaques Françaises se multiplient, coutant la vie à 350 000 hommes. Les mutineries dans l’armée se succèdent alors, et Nivelle est finalement limogé en Mai 1917, remplacé par Pétain. Malgré cette défaite accablante, cette offensive a permis de beaux faits d’armes, comme la prise de la caverne du dragon. Les Allemands la reprennent d’ailleurs peu après, et pendant un moment, les deux armées cohabitent dans les boyaux obscurs. C’est dans cette période que se déroule l’action de la nouvelle. On imagine aisément l’enfer d’une telle situation… |